Où et quand partir? Voilà des questions auxquelles il me semble indispensable de répondre, puisque l’une ne va pas sans l’autre. Un peu de bon sens, voyons ! Personne n’a envie de bourlinguer en Inde en pleine saison des moussons, ni de découvrir Bali sous 45 degrés. Malheureusement, certains n’ont pas le choix concernant leurs dates de voyages. Alors, autant que faire se peut, rendre l’aventure la plus appréciable possible.
Météo Jet Lag Budget
Il existe plusieurs critères à prendre en compte au moment où l’on cherche à déterminer notre prochaine destination de voyage. La météo fait partie des impondérables, au même titre que le décalage horaire ou encore le coût de la vie sur place. Répondre à ces interrogations avant de s’envoler, c’est s’assurer que l’on pourra pratiquer toutes les activités souhaitées, mais aussi respecter son budget.

La météo
C’est un fait : nous ne sommes pas tous égaux face à la chaleur. Pendant que quelques chanceux cinglés réussissent à endurer l’épuisante moiteur tropicale, couplée à des températures avoisinant celles d’un grille-pain, d’autres pourront à peine tolérer plus de 25 degrés au baromètre. Je fais partie de cette dernière catégorie. Et je puis assurer qu’il m’est arrivé de regretter amèrement de me rendre à certains endroits à l’instant T.
Souvenir ému pour le Japon en plein mois de juillet, où j’ai cru incarner le phénomène de liquéfaction au Golden Pavillon de Kyoto sous 46 degrés. Je pensais avoir tout vu, jusqu’à Taïwan et ses 48 degrés, 90% d’humidité. Imaginez vivre dans un hammam. Voilà, vous y êtes? Et bien c’est pareil. On sort de la douche pour se rafraichir, on sort prendre l’air (l’expression perd là tout son sens, on est bien d’accord), pour dégouliner à peine 45 secondes après avoir quitté le domicile. Sont-ce mes cheveux encore humides que je sens couler dans mon dos? Ah, bah non.
Si vous faites partie de la catégorie des chanceux cinglés, ma foi, la question du climat vous importera peu l’été. Gardez en tête néanmoins la question des hémisphères et des saisons inversées selon vos destinations. Ce serait regrettable de vous rendre au Pérou pour randonner au beau milieu de la saison des pluies et des glissements de terrains. C’est une gymnastique facile à assimiler pour les hyper-météo-sensibles comme moi. Voici globalement comment je m’y prends pour sélectionner mes destinations :
- Printemps : avec l’automne, il s’agit de mon autre saison de cœur pour s’envoler. Si on s’y prend bien à l’avance, il est possible de trouver des bons plans pas chers pour les pays du pourtour Méditerranéen, du Moyen et du Proche-Orient, d’Amérique du Sud, du Maroc, certaines îles de l’Océan Indien, les Caraïbes, l’Indonésie, le Sri Lanka… Cette saison offre pléthore d’opportunités, à condition de ne pas se laisser séduire par les dates des jours fériés, souvent encombrées.
- Eté : depuis que je partage la vie de mon cher et tendre, j’ai malheureusement dû m’adapter aux vacances l’été. Or, selon mes critères, il s’agit de la pire période pour voyager : tarifs prohibitifs, routes et sites saturés, chaleur insoutenable. Il faut se la jouer finaude à ce moment là, autrement dit sélectionner des endroits où toutes ces spécificités resteront supportables : pays scandinaves, Russie, Mongolie, Islande, Ouzbékistan, Groenland ? Je vous vois déjà rire jaune mais ça m’est égal de passer pour une allumée! Nous partons en Italie fin août et il possible que je revienne amputée d’une partie de mon lobe frontal.
- Automne : ma saison préférée pour voyager. Je l’apprécie particulièrement puisqu’il s’agit de la basse saison touristiques dans de nombreux endroits. Par conséquent, les tarifs pour les vols comme pour les hébergements sont réduits. De plus, il fait globalement beau partout: c’est le printemps dans l’hémisphère sud, et l’automne offre à l’hémisphère nord des couleurs uniques.
- Hiver : qu’existe-t-il de plus agréable que de s’envoler là où il fait 25 degrés alors que pendant ce temps-là, chez nous, on tente de se réchauffer à grand renfort de plaids, fours, sauna, et autres chaussettes géantes? L’hiver est la saison idéale pour se rendre en Asie du Sud-Est, en Amérique du Sud, mais aussi dans les Caraïbes et dans une bonne partie de l’Océanie. Attention à bien partir entre les vacances scolaires de Noël et celles d’hiver, histoire de ne pas y laisser un bras, un globe oculaire, un rein, un nombril, ou que sais-je…
Evidemment, ceci reste une question de point de vue. Tandis que certains recherchent le soleil à tout prix, d’autres se montreront friands de ski et ne seront donc pas rebutés par les températures polaires. Et encore une fois, j’ai conscience que certains ont des dates de vacances imposées auxquelles il faut s’adapter. Il existe d’ailleurs un excellent site internet créé pour venir en aide aux voyageurs pour traiter ces questions d’ordre pratique.

Le décalage horaire
Autre interrogation non négligeable en termes de voyages : le décalage horaire. Car il me semble inconcevable de traverser la planète pour aller en Polynésie française si on ne dispose que d’une semaine de congés. La durée de l’aventure compte, de même que votre état physique et mental à l’arrivée pour endurer les visites, la météo, le choc culturel et, dans certains cas, les activités sportives. Il s’agit là de bon sens pur et simple. Après, cela ne tient qu’à vous de prendre le risque, quitte à revenir encore plus épuisés que vous ne l’étiez au départ.
Je fais partie des irréductibles infatigables : à vouloir tout donner à partir du moment où je mets le pied à l’étranger. J’ai la boulimie du voyageur. Pourtant, je ne connais rien de plus désagréable qu’un jet lag qui vous achève dès le début des vacances ! Il nous cloue à terre et anéantit toute forme de volonté. Ainsi, je ne puis que recommander de s’accorder une journée off dès l’arrivée, histoire de s’acclimater.
Le budget
Dernier point, celui du coût de la vie au sein du pays choisi. Oui, on rêve tous de se rendre à Nouvelle-Zélande, au Canada ou au Japon. Or, ces destinations font partie des plus chères. Non seulement le billet d’avion reste onéreux, mais en plus le niveau de vie sur place frise parfois l’indécence. Là encore, il s’agit de prioriser. Allez-vous préférer un pays à proximité, sans décalage horaire, où les prix risquent d’être plus élevés? Ou au contraire, serait-ce plus judicieux d’investir dans un billet d’avion, certes pas donné, mais où on vivra pour trois fois rien grâce à un taux de change avantageux?
Souvent, je rejoins la deuxième team à savoir, celle qui fait le choix de partir loin mais où la vie est peu chère. Quand je pense à la somme qu’il faut débourser pour aller une semaine à Arcachon ou à Nice en plein été, il ne faut pas être cardiaque… Avec cette enveloppe, non seulement je pars trois semaines, mais en plus je vis comme une reine en Asie. Encore une fois, c’est une question de choix et de priorité. Avec des enfants par exemple, j’entends qu’il soit vite inconcevable de faire douze heures d’avion ou d’envisager une destination où l’hygiène semble douteuse.
Si votre budget est ce que vous tenez absolument à respecter, je conseille sans détour de tout planifier afin d’éviter les mauvaises surprises à l’arrivée. L’achat du billet d’avion n’est que le prémisse de l’aventure. Il faut ensuite penser à l’hébergement, aux moyens de transports, aux activités, au matériel à se procurer avant de le départ, parfois au coût des parcs nationaux ou des lieux de visite, au carburant dans le cas où une voiture serait louée, et enfin aux repas et aux achats de souvenirs. Les chiffres s’affolent, s’envolent. Alors autant s’y coller une bonne fois pour toute avant de partir, au lieu de transformer son cerveau en calculatrice pendant toute la durée du séjour.
Répondre aux questionnements où et quand partir implique une multitude d’autres choix et, par conséquent, de les adapter en fonction de ses priorités. Que l’attention soit davantage portée sur le climat de la destination, le budget ou le temps de voyage lié implicitement au décalage horaire, le Monde demeure suffisamment vaste pour trouver aventure à son pied.